• Le 5 octobre 2015         

    ***** 

              Impossible d'avancer, de continuer. Cette douleur incessante persiste et ne semble pas vouloir s'arrêter. Mieux vaudrait en finir dès maintenant. Tout arrêter. Mettre définitivement fin à cette histoire pour ne plus souffrir. Mais impossible. Les gens crient. Ils hurlent, ripostent et encouragent. Mais pourquoi les écouter ? Ils conseillent de ne pas abandonner, de se battre jusqu'au bout... A quoi bon ? La souffrance est vraiment intenable et la moindre respiration devient vite un effort surhumain. Tomber, se relever, chuter à nouveau, trouver la force de se redresser... Ce n'est plus envisageable au jour d'aujourd'hui. Chaque pas supplémentaire fait aussi mal qu'un couteau tranchant la chair de l'Homme. Les larmes empêchent de voir, empêchent de ne pas tomber.

    *****

    --> BREF. Nous sommes le vendredi 17 octobre 2014 et aujourd'hui, c'est le cross du collège. Ah... le cross... que de plaisir... enfin... pour les gens comme toi uniquement. <--

    *****

              Je m'arrête et marche. J'abandonne, je baisse les bras. De toutes façons, je ne gagnerai pas. J'en ai conscience. Mais tu es là... Tu m'encourages à continuer, à avancer... Et c'est comme ça que je trouve la force de courir. Je voulais tellement que tu sois fier de moi... que tu m'aimes pour toujours... Je me dis que me forcer et souffrir pour toi en vaut peut-être la peine. J'avoue quand même avoir beaucoup marché. Je suis même tombée pitoyablement sous tes yeux... (encore un souvenir à définitivement bannir).
              Maintenant, c'est aux 3èmes de courir. A toi, en l'occurrence. Avant que tu ailles t'échauffer, on se regarde et tu m'embrasses rapidement. Je te souhaite bonne chance et pars m'installer à un endroit sur le parcours. Un coup de feu retentit et la course démarre. Un tour, puis deux... Tu es en seconde position, puis en troisième. Si tu pouvais savoir comme moi je suis fière de toi... Je ne peux m'empêcher de sourire en te regardant. Et pourtant... Je vois bien que quelque chose ne va pas. Dans ta façon de respirer. Oui car tu ne respires pas ! J'ai peur pour ta vie et la panique s'empare de moi ! Il ne reste plus que la moitié d'une boucle... Alors je retourne en courant dans l'enceinte du collège pour t'attendre. Tu arrives presqu'en même temps que moi. Finalement, tu as terminé 2ème ! La joie m'envahit et je te saute dans les bras dès que je le peux. Je plaque doucement mes lèvres contre les tiennes et tu me rends mon baiser. Tu t'assois sur un banc près des salles de permanence. Tu vas mal, je le vois bien alors je cours te chercher un verre d'eau. Voyant un de tes amis arriver juste derrière toi, j'en prends un deuxième pour lui aussi. Je vous les apporte et reste à côté de toi car tu as encore du mal à respirer.
              La remise des prix prend fin, ta classe a gagné. Je suis tellement contente et fière de toi, c'est inimaginable. Tout comme mon amour pour toi, toujours grandissant et plus fort.

    *****

              Que dire de plus sur cette journée ? Ah oui ! Cela faisait ce jour-là exactement un an jour pour jour qu'on commençait à se parler. Un an que je t'aimais. Déjà un an. Mais voilà le résultat de tout ça. Rien.

    Au regretté passé,         
    Une âme trahie et égarée      

    Lettre n°9   


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  • Lettre n°10

    Le 15 octobre 2015

              Ah la la.... Depuis combien de temps n'avais-je pas écrit de lettre ? Une semaine ? Deux ou trois peut-être ? Je ne sais pas. Et je m'en fous royalement en fait car finalement je m'en passe très bien. C'est la combien celle-là ? La 8ème ? La 10ème ? Je ne sais pas non plus.

              Te souviens-tu de la toute première lettre que je t'ai écrite ? Sûrement que non. Mais moi oui, car c'était une lettre d'amour. J'étais tellement contente de l'avoir écrite avec mon cœur... Tellement ravie du résultat que j'avais même fait une photocopie pour la conserver à vie. Aujourd'hui elle est quelque part en boule et toute froissée. Sûrement partie au recyclage depuis bien longtemps.
              Pourquoi ? Eh bien car j'ai ravagé ma chambre à la recherche de tout ce qui me reliait à toi pour le détruire ! Un bordel pas possible qui a calmé ma colère..

             Vois-tu, je te déteste ! Je te hais de tout mon être ! Rien de plus compliqué ! Tu as détruit mon cœur en à peine quelques mots. Je sais que je me répète, mais jamais tu n'obtiendras mon pardon, même pas après ma mort ! Comme je te hais ! Impensable.
             Chaque jour, lorsque certains souvenirs refont surface, ma haine envers toi grandit, accroît, augmente, se multiplie ! Et un jour, elle prendra le contrôle. Ce jour-là, je te déconseille d'être dans le coin... Pas pour ta sécurité - car te faire mal me rendrais enfin calme - mais pour mon propre bien.

              Les gens ont tous raison à ton sujet. En apprenant la vérité, je suis tombée de haut, mais vu pour qui tu m'as quittée lâchement, tout a été confirmé !
              Tu te dis amoureux d'elle ! Je meurs ! Laisse-moi rire ! Tu ne sais pas ce qu'est l'amour ! Je suis vraiment impatiente que l'univers agisse en ma faveur et que le karma rééquilibre toutes tes erreurs - si besoin je le ferrai moi-même ! Tu vas le payer ! Et je n'espère qu'une seule chose !..

              J'espère que ce qui te sert de copine finira par te faire un gros coup de pute et qu'elle te larguera pour que tu puisses voir ce que ça fait de tout perdre et d'être abandonné par la personne qu'on aime plus que tout et en qui on fait le plus confiance.

    Sur ce, bonheur avec le second amour de ta vie !         
    Ta pire ennemie         

    Lettre n°10   


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